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Techniques de communication pour désamorcer les conflits - conflits travail
Nous avons analysé les racines du conflit et les différents styles que nous adoptons pour le gérer. Cependant, quel que soit le style choisi, le succès de notre interaction dépend presque entièrement d'une seule variable: la qualité de notre communication. En cas de désaccord, les mots deviennent des armes à double tranchant.
Ils peuvent servir de ponts nous reliant au point de vue de l'autre, ou de murs nous isolant dans nos propres tranchées. Une phrase mal choisie, un ton inapproprié ou un geste mal interprété peuvent attiser un conflit qui aurait pu être facilement résolu.
La bonne nouvelle, c'est qu'une communication efficace n'est pas un don inné, mais une compétence qui s'apprend et se perfectionne.
Dans cet article, nous explorerons l'arsenal de techniques de communication utilisées par les médiateurs professionnels pour transformer la confrontation en conversation.
Du pouvoir transformateur de l'écoute active à la différence subtile mais puissante entre accuser et exprimer, ces outils vous permettront de naviguer dans les eaux troubles d'une conversation difficile avec calme et confiance, guidant l'interaction vers un havre de paix, de compréhension et de résolution.
La plupart d'entre nous pensent savoir écouter, mais en réalité, nous ne faisons souvent qu'« entendre ». Entendre est un processus passif, la simple perception d'ondes sonores. Écouter, et plus précisément l'écoute active, est un processus actif et discipliné qui requiert toute notre concentration.
Dans un contexte de conflit, l'écoute active est l'outil le plus puissant pour apaiser les tensions. Lorsqu'une personne se sent véritablement entendue et comprise, son besoin de se défendre agressivement diminue.
L'écoute active implique plusieurs éléments clés. Premièrement, elle nécessite d'accorder toute son attention à l'interlocuteur. Cela signifie poser son téléphone, fermer sa boîte mail et établir un contact visuel. C'est un signal non verbal qui dit: « Tu es ma priorité en ce moment. » Deuxièmement, il s'agit d'éviter les interruptions.
En interrompant, nous laissons entendre que notre opinion est plus importante que la sienne. Nous devons laisser l'autre personne compléter sa réflexion, même si nous ne sommes pas d'accord avec ce qu'elle dit.
Troisièmement, l'écoute active vise à comprendre l'intégralité du message, ce qui inclut à la fois le contenu verbal et les émotions sous-jacentes. Nous devons prêter attention au ton de la voix, aux pauses et au langage corporel. Y a-t-il de la frustration dans sa voix ?
De la tristesse dans son regard ? Enfin, une technique clé est la paraphrase et le reflet, que nous aborderons plus tard. Pratiquer l'écoute active est un acte de générosité très payant.
En offrant à l'autre le cadeau de notre attention inconditionnelle, nous créons un espace de sécurité psychologique oü il est possible d'engager une conversation constructive plutôt qu'une dispute verbale.
L'un des moyens les plus rapides d'envenimer un conflit est de commencer ses phrases par « tu ». « Vous ne remettez jamais vos rapports à temps. »« Vous interrompez toujours mes réunions. »« Vous avez mis le client en colère. » Ces phrases en « tu » ressemblent à une accusation.
Elles mettent immédiatement l'autre personne sur la défensive, car son instinct naturel sera de nier l'accusation ou de contre-attaquer. La conversation se transforme en un match de tennis oü l'on se blâme. L'alternative, une technique fondamentale de la communication assertive, est l'utilisation du « je ». Cette approche déplace l'attention de l'autre personne vers notre propre expérience, nos sentiments et nos besoins. Une phrase en « je » bien construite comporte trois parties:
Comparons les deux versions. « Vous ne rendez jamais vos rapports à temps » est une accusation répandue et facile à réfuter. « Lorsque le rapport est remis après la date limite, je me sens stressé car cela affecte ma capacité à terminer ma partie du travail.
J'ai besoin que nous trouvions une solution pour l'avenir. » Cette deuxième version est indéniable, car vous parlez de votre propre expérience. Elle n'attaque pas la personne, mais se concentre sur le problème.
Elle invite à la collaboration plutôt qu'à la confrontation. Maîtriser l'art des « déclarations à la première personne » est l'une des compétences les plus transformatrices pour tout professionnel souhaitant résoudre les conflits de manière constructive.
On estime qu'une grande partie de la communication humaine est non verbale. Lors d'une conversation tendue, notre corps crie souvent ce que notre bouche tait. Être conscient de son propre langage corporel et apprendre à déchiffrer celui des autres peut vous donner un avantage significatif dans la gestion de l'interaction.
Une posture ouverte (bras et jambes non croisés, corps tourné vers l'autre personne) transmet réceptivité et confiance.
À l'inverse, croiser les bras sur la poitrine, se voûter ou tourner le dos sont des barrières physiques qui indiquent une attitude défensive ou fermée. Le contact visuel est tout aussi crucial. Maintenir un contact visuel approprié (pas un regard intimidant) montre que vous êtes engagé et à l'écoute.
Détourner le regard peut être interprété comme de la malhonnêteté, du désintérêt ou de la soumission. Les gestes du visage sont un baromètre des émotions. Un froncement de sourcils, des lèvres pincées ou une mâchoire serrée sont des signes évidents de colère ou de frustration.
n revanche, hocher la tête pendant que votre interlocuteur parle est un signal fort que vous écoutez et assimilez son message. Même la proximité physique joue un rôle. Il est important de maintenir une distance respectueuse ; envahir l'espace personnel de quelqu'un peut être perçu comme une agression, tandis que s'éloigner trop peut être perçu comme un désintérêt.
La clé est la congruence. Votre langage non verbal doit être en phase avec votre message verbal. Si vous dites « Je suis ouvert à vos suggestions » les bras croisés et les sourcils froncés, votre corps contredit vos paroles, et le message que votre interlocuteur recevra sera le vôtre.
Pratiquez la conscience de soi: lors d'une conversation difficile, vérifiez rapidement votre posture, vos mains et votre expression faciale. Un petit ajustement peut changer radicalement le ton de la conversation.
Même avec les meilleures intentions, les malentendus sont fréquents. Ce que dit une personne et ce que l'autre entend peuvent être deux choses très différentes.
Deux techniques simples mais incroyablement efficaces pour combler ce fossé sont la paraphrase et le reflet. La paraphrase consiste à reformuler ce que vous venez d'entendre avec vos propres mots.
Il ne s'agit pas de répéter comme un perroquet, mais plutôt de traiter l'information et de l'exprimer de manière à montrer que vous avez compris l'essentiel du message. On l'aborde souvent par des phrases comme: « Si j'ai bien compris, ce que vous dites est… » ou « Alors, ce qui vous préoccupe principalement est… ».
La paraphrase présente deux avantages principaux. Premièrement, elle vous rassure sur la bonne compréhension du message.
Si votre paraphrase est incorrecte, votre interlocuteur a immédiatement la possibilité de vous corriger. Deuxièmement, elle démontre à votre interlocuteur que vous l'écoutez vraiment, ce qui constitue un acte de validation qui réduit la défensive. Le reflet est une technique similaire, mais se concentre sur l'émotion sous-jacente plutôt que sur le contenu factuel.
Il s'agit d'identifier et de nommer l'émotion que vous ressentez dans le message de votre interlocuteur.
Par exemple: « Vous semblez très frustré par cette situation » ou « J’entends beaucoup d’inquiétude dans votre voix lorsque vous abordez ce sujet. » Refléter les émotions est l’un des moyens les plus rapides de créer un lien empathique. En nommant les émotions de quelqu’un avec précision et sans jugement, il se sent profondément compris et valorisé.
Utilisées avec sincérité, ces deux techniques transforment une dynamique de discussion en une dynamique collaborative. Au lieu de deux personnes qui se parlent, on devient deux personnes qui essaient de se comprendre.