Modèle cognitif de l'anxiété sociale

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Transcription Modèle cognitif de l'anxiété sociale


Attention centrée sur soi (auto-surveillance)

Une composante distinctive de l'anxiété sociale est le changement radical du centre d'attention.

Lorsqu'elle entre dans une situation sociale, la personne cesse de prêter attention à son environnement (ce que disent les autres, à quoi ressemble le lieu) et dirige son attention vers elle-même, devenant ainsi l'objet de sa propre observation.

Ce phénomène, connu sous le nom d'autosurveillance, implique une surveillance constante de ses propres symptômes physiques (rougeur, tremblements, transpiration) et de son comportement (« Est-ce que je souris trop ? », « Ma voix est-elle bizarre ? »).

La personne se construit une image mentale déformée de la façon dont elle pense que les autres la perçoivent, en supposant à tort que ses sensations internes (anxiété) sont clairement visibles pour le public extérieur, ce qui accroît son insécurité.

Traitement anticipatoire (prédiction de l'échec)

Bien avant que l'événement social n'ait lieu, l'anxiété est déclenchée par le traitement anticipatoire. L'esprit génère des prédictions catastrophiques sur ce qui va se passer.

Par exemple, si quelqu'un doit assister à un dîner d'entreprise, il commencera à penser quelques jours avant : « Je vais avoir un trou de mémoire, je ne saurai pas de quoi parler et tout le monde va me trouver ennuyeux ».

Ce scénario mental négatif crée un état d'alerte et de peur préalable, de sorte que la personne arrive à l'événement déjà conditionnée à s'attendre au pire et à rechercher des signes qui confirment son échec prévu.

Traitement post-événementiel (rumination)

Le tourment ne s'arrête pas à la fin de l'interaction sociale. Ensuite, le traitement post-événementiel s'active, une révision minutieuse et critique de la performance passée.

La personne repasse mentalement chaque mot et chaque geste, en se concentrant exclusivement sur les erreurs ou les moments gênants éventuels (« Je n'aurais pas dû raconter cette blague », « Ils ont sûrement remarqué que je me suis trompé »).

Cette rumination renforce les croyances négatives sur son incompétence sociale et consolide la peur des interactions futures, car le souvenir de l'événement reste gravé non pas tel qu'il s'est réellement produit, mais comme une succession d'échecs amplifiés par son propre jugement.

Résumé

L'anxiété sociale se caractérise par un changement radical de l'attention portée à soi-même. L'individu se surveille constamment, se construisant une image déformée de sa performance visible.

Le traitement anticipatoire déclenche l'anxiété bien avant l'événement. L'esprit génère des prédictions catastrophiques d'échec, conditionnant la personne à s'attendre au pire et à ressentir de la peur.

Enfin, le traitement post-événement implique une révision critique et minutieuse. La personne rumine ses erreurs, amplifiant ses échecs et renforçant ses croyances d'incompétence sociale future.


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