Transcription PEUR DE LA RÉCIDIVE
Facteurs ralentissant la rééducation
Au cours du processus de rétablissement, le facteur psychologique le plus limitant est souvent la peur de se blesser à nouveau (kinésiophobie).
Cette crainte peut persister même lorsque les tissus biologiques sont complètement guéris.
L'athlète peut manifester cette peur par des comportements d'évitement, des plaintes de douleurs inhabituelles sans fondement médical, des troubles du sommeil ou un respect irrégulier des directives de rééducation.
Cette attitude défensive crée un cercle vicieux : la peur conduit à une protection excessive de la zone, ce qui altère la biomécanique naturelle et augmente le risque de nouvelles blessures dans d'autres zones par compensation. Prenons l'exemple d'un skieur alpin qui se remet d'une opération du genou.
Bien que les médecins lui aient donné le feu vert, il continue à skier en gardant le poids du corps en arrière et en restant raide par crainte que son genou ne lâche dans un virage.
Cette posture non naturelle, fruit de la peur, non seulement réduit ses performances, mais soumet ses hanches et son dos à un stress mécanique inutile, ralentissant son retour à un niveau compétitif optimal.
Stratégies pour normaliser les sensations et rassurer l'athlète
Pour lutter contre la peur d'une rechute, il est essentiel de mettre en place une approche psychologique intégrée à la physiothérapie.
Les stratégies consistent notamment à normaliser l'expérience de la peur, en expliquant à l'athlète que ressentir de l'appréhension est une réponse adaptative de protection et non un signe de faiblesse.
Il est également essentiel de rassurer l'athlète sur la nature bénigne de certaines douleurs résiduelles qui n'impliquent aucune lésion.
Le psychologue et l'équipe médicale doivent s'efforcer de clarifier en permanence l'état réel de la blessure, en utilisant des données objectives pour contrer les perceptions subjectives de fragilité.
Par exemple, montrer à un joueur de rugby que ses tests de force isocinétique sont équivalents à ceux de sa jambe saine peut lui donner la confiance cognitive nécessaire pour revenir sur l t effectuer des plaquages avec l'intensité requise, désactivant ainsi la « garde musculaire » inconsciente que son cerveau avait mise en place.
Résumé
La
peur de la recidive